Espace grand public

RSS
Clan : Team Dignitas

Moyes, correspondant de game

Journal d’un gamer

Salut, je m’appelle Moyes (de mon vrai nom Robert Haxton). Je suis membre de Team Dignitas (équipe professionnelle depuis 2003) et capitaine de notre team World in Conflict (WiC). Chaque semaine, dans un billet d’humeur, je me propose de te faire découvrir les coulisses du gaming professionnel, milieu souvent mal compris et enveloppé d’une atmosphère de mystère. Mon objectif est de donner un peu plus de transparence aux e-sports.

Moyes

1 avril 2008 Ressentant un besoin de vitesse, Dignitas prend l'autobahn puis envahit l'Angleterre

En tant que membres du clan Dignitas, nous avons l'obligation de soutenir le travail de nos sponsors. Ils constituent les piliers de notre organisation, en nous fournissant l'équipement nécessaire à notre formation et les ressources pour nous rendre aux événements. Dans ces circonstances, il est logique que nous sacrifions un peu de notre temps pour renvoyer la balle. Notre soutien prend différentes formes, des conseils sur Internet à la promotion des produits en passant par la promotion directe de nos sponsors auprès du grand public.

C'est cette dernière idée qui m'a récemment emmené en Allemagne pour le légendaire salon CeBIT. Deux de nos sponsors, Abit et Razer, avaient sollicité l'aide de Dignitas pour les représenter dans cet événement et créer un espace de divertissement. Rien n'attire plus les foules que la possibilité de jouer pour gagner des lots… c'est ce que nous appelons les Match de présentation.

Fort de mon succès en CPL, on m'a demandé de jouer à Need for Speed Pro-Street devant un public déchaîné ! Comme j'ai été deux fois Champion britannique des World Cyber Games (sur les précédentes versions de NFS), cette décision semblait assez logique. Mais je n'avais encore jamais essayé Pro-Street et une humiliation publique était tout à fait possible. Heureusement, j'y ai échappé. Après une première journée quelque peu défavorable (deux courses perdues sur huit), j'ai conservé mon record (et ma réputation) pour le reste de la semaine.

De retour à la maison après avoir fait ma part de travail promotionnel pour l'équipe, j'ai attendu avec impatience l'i33, plus grand événement en réseau du Royaume-Uni. Une compétition World in Conflict avait été annoncée, mais aucune équipe européenne ne voulait participer à cause du petit prix. Nous nous destinions donc à gagner. Ce qui est sûr, c'est que les quatre armes nucléaires que nous avons déployées simultanément contre nos adversaires lors de la finale ont anéanti tous leurs espoirs de nous subtiliser la victoire.

Mais notre succès facile dans World in Conflict n'est rien comparé à l'expérience globale de l'i33. Cet événement est incroyablement bien organisé et, surtout, attire de nombreuses personnes qui veulent seulement s'amuser et faire des rencontres. Bien sûr, vous trouvez des joueurs bruyants ou ringards ça et là, mais pour moi cela reste une des meilleures LAN en Europe.

L'i34 devrait être encore mieux, car le tournoi déménage dans un endroit plus grand : le Stoneleigh Park. On pourra jouer au paintball et nous avons déjà prévu d'affronter les 4 Kings dans une lutte à mort !

Moyes

« Les quatre armes nucléaires que nous avons déployées simultanément contre nos adversaires lors de la finale ont anéanti tous leurs espoirs de nous subtiliser la victoire. »


AVRIL 2008 Relève de la garde ?

Les matches World in Conflict ont été les temps forts de chaque journée qui a précédé la finale du CPL World Tour et, juste avant l’ultime combat, j’aurais juré que les images et les sons de la Troisième Guerre mondiale envahissaient jusqu’à mes rêves. Heureusement, notre victoire en finale a chassé ces impressions ; elles ont laissé place au sentiment que nous avions bien mérité notre succès, après une année en montagnes russes où nous avions travaillé avec acharnement.

Low-Life et moi-même, seuls rescapés de la formation originale d’avril 2007, étions exténués après une année d’épreuves et de gaming intense et avons décidé de lever le pied. Bien qu’optimistes quant à nos chances de dominer la scène WiC en ligne après notre haletante victoire au tournoi CPL, nous n’avions plus qu’une envie : profiter de la vie, la vraie…

De même qu’un sportif de haut niveau laisse parfois tout en plan pour passer x mois à s’entraîner en haut d’une montagne, je crois que quelques-uns de mes amis, à cause de mon programme d’entraînement, s’étaient résignés à ce que je ne sois plus pour eux qu’un nom sur une liste MSN ou dans leur agenda téléphonique. De plus, il y avait aussi l’autre petit détail ennuyeux : ma recherche d’un nouvel emploi puisque, pour nous donner toutes les chances, j’avais quitté le mien juste avant la finale. Bref, avant d’avoir repris une vie normale, je savais que je n’aurais pas la tête à m’astreindre à un nouveau programme d’entraînement.

Je pense avoir pris la bonne décision. Comme je l’ai déjà mentionné, il est en effet essentiel de parvenir à un équilibre entre la compétition et la vie privée. Gamer professionnel depuis près de huit ans, je n’irais pas jusqu’à dire que ma carrière dans les e-sports touche à sa fin, du moins pas encore, mais, si cela devait être le cas, cette victoire au tournoi CPL en serait la magnifique conclusion.

Moyes

Dans le calme qui suit la tempête, une constatation s’impose : la victoire a un prix.


25 FÉVRIER 2008 Journal d’un gamer – Dignitas à l’étape de Londres du CPL World Tour

L’équipe est arrivée à Londres deux jours avant le grand événement. Energetic, Cleric et Low-life avaient pris l’avion depuis Stockholm et Pureball arrivait en train depuis Sunderland, dans le Nord-Est de l’Angleterre. Contrairement à l’escale américaine de notre périple, où nous avions séjourné dans un Hilton, c’est cette fois-ci dans une auberge de jeunesse que nous étions hébergés. Nous avions donc quelques craintes : l’angoisse de nous faire agresser ne nous a pas quittés un instant la première nuit.

Le lendemain matin, d’abord surpris de nous réveiller indemnes, nous sommes partis pour le lieu de la compétition. Située sur Picadilly Circus, la Gamerbase est très facile à trouver. Il faut dire qu’apercevoir nos rivaux Reason et D/C devant l’immeuble nous a facilité la tâche. Nous avons ensuite vécu une journée éprouvante de préparation, de peaufinage de notre stratégie et d’interviews, avec quelques instants çà et là sur Warcraft 3 et Call of Duty 4 pour nous empêcher de devenir fous.

Nous avons passé la première heure de la journée suivante à installer notre équipement avec l’aide précieuse d’Emma Jones (alias Mir), manageuse de Massive Community. Nos premiers adversaires, les Lowerstroft, n’ont pas fait long feu. Cette équipe écartée, c’était le clash contre les D/C qui nous attendait ensuite. Le combat a été rude sur la map Farmland, mais nous en sommes sortis victorieux, avec certes un score serré mais honnête (quelque chose comme 120 à 80). La suprise a plutôt été d’apprendre que l’équipe Inferno eSports avait battu Reason Gaming, autrement dit que D/C et Reason allaient s’affronter en tournoi des perdants, ce qui était pour nous le scénario idéal.

Nous nous sommes ensuite concentrés sur notre prochain match, face aux Inferno eSports. Comme nous nous étions beaucoup entraînés avec eux durant les semaines précédant le tournoi, nous savions qu’il serait difficile de les prendre par surprise. D’ailleurs, en définitive, c’est eux qui nous ont surpris. Heureusement, nos réflexes d’équipe bien rodée nous ont quand même assuré la victoire.

Plusieurs heures ont passé avant de découvrir que c’étaient les D/C que nous allions affronter pour la finale. Nous avons éliminé la map Farmland du pool et, après quelques autres éliminations, il ne restait plus que la map Hometown, où nous allions jouer le camp de l’URSS. Victorieux en moins de six minutes, nous avons surpris tout le monde, nous y compris. Après une victoire aussi rapide, nous savions qu’il nous allait être quasiment impossible de perdre notre match contre les D/C, puisqu’il leur aurait fallu nous éliminer encore plus rapidement.

Pourtant, notre assurance a bel et bien fléchi quand nos adversaires ont très vite monté contre nous une attaque très agressive, qui a bien failli leur permettre de nous battre avant les six minutes fatidiques. Néanmoins, nous sommes heureusement parvenus à briser leur élan et, alors même que nous avons perdu la map, nous avons gagné sur la longueur.

Or cette victoire représente exactement la motivation qu’il nous fallait après les défaites que nous avions enregistrées durant les derniers mois. Le défi, à présent, sera pour nous d’éviter de nous reposer sur nos lauriers pour nos préparatifs à la finale. Passer de l’assurance à la confiance aveugle serait suicidaire…

Moyes

« L’angoisse de nous faire agresser de nous a pas quittés un instant la première nuit. »


27 NOVEMBRE 2007 Le darwinisme selon Dignitas

Dans mes posts précédents, j'ai abordé divers thèmes qui, je l'espère, vous ont éclairé sur le monde des jeux professionnels et sur les sacrifices qu'il implique. Aujourd'hui, j'ai décidé de parler d'un aspect qui touche la majorité des équipes, en particulier celles qui se battent pour rester au top : la formation !

Quand Dignitas a formé sa première équipe World in Conflict en avril (pour le CPL World Tour en Italie), le jeu était tellement nouveau (version Alpha) que nous voulions simplement remplir les rangs avec des joueurs professionnels. Notre expérience de WiC était très limitée, certains d'entre nous ne se connaissaient même pas, mais nous avons quand même gagné.

Depuis, nous avons remporté d'autres tournois, fait l'objet d'articles sur le Web et de vidéos. La composition de notre équipe est en constante évolution. Après le CPL World Tour en Suède et aux USA, nous avons décidé d'apporter du sang neuf, car certains membres de la formation d'origine ne pouvaient pas suivre les objectifs à long terme de l'équipe.

L'intégration de nouveaux joueurs prend du temps, en particulier dans une équipe qui réussit. Une période de reconstruction a donc suivi. Nous avons proposé à Pureball et Apollo de rejoindre l'équipe WiC. Ce n'est pas dans nos habitudes de recruter des joueurs sans expérience, mais leurs excellents résultats et leur personnalité ont suffi à nous convaincre qu'ils s'intègreraient rapidement.

Ce type de changement est très risqué. L'évolution de notre clan n'a pas été facile, mais nous l'avons globalement bien gérée. D'autres équipes rivales plus "jeunes" songent à faire évoluer leur formation ou sont en train de le faire. Je suis curieux de voir comment ils vont gérer ce défi.

Moyes

“L'évolution de notre clan n'a pas été facile, mais nous l'avons globalement bien gérée…”


19 NOVEMBRE 2007 L'équipe Dignitas rafle la mise.

Avec plus de 8 000 £ remportés dans sept tournois différents de l'i32, les efforts de Dignitas ont été plus que récompensés.Nous avons même gagné le quiz organisé dans un pub !

Ce succès revient en partie à l'équipe (ou plutôt aux équipes) World in Conflict.Il y a quelques semaines de cela, nous avons décidé de diviser notre formation principale et de nous adjoindre l'aide de novices pour nous assurer les deux premières places.

Tout s'est déroulé selon nos plans et la finale a opposé Dignitas A (Apollo, Pureball, Flickstrr, Dogbert) à Dignitas B (Moyes, Lowlife, Odee, Zaccubus).Nous nous étions mis d'accord pour partager les gains. Mais comme nous avions déjà les invitations pour le prochain tournoi, nous ne voulions pas nous affronter entre nous !Après un âpre combat, le sort a finalement favorisé Dignitas B. Nous avons même réussi à divertir le public avec un tapis de bombes (partie 1) et un missile nucléaire (partie 2).

Malheureusement, la finale tombait en même temps que la première Intel InCup.Mais comme vous vous en doutez, nous participerons à la prochaine session et ferons notre possible pour nous qualifier.

Une fois le trophée WiC en main, j'ai passé le reste de l'i32 à me faire plaisir :fête, massage par les déesses de XFX, bracelet de poker Dignitas (OK, pas de bracelet, juste une invitation !), leçon de Starcraft par Apollo (médaillé d'or lors des World Cyber Games) et, cerise sur le gâteau, j'ai même gagné un prix lors de la tombola !

Vivement l'i33 !

Moyes

“Comme nous avions déjà les invitations pour le prochain tournoi, nous ne voulions pas nous affronter entre nous !”


12 NOVEMBRE 2007 Dernière ligne droite

Plus que quelques mois avant la grande finale World in Conflict de la CPL ! Chaque membre de l'équipe se prépare donc à la consécration suprême.

L'Intel InCup va nous être d'une grande aide dans cette préparation,car ce tournoi rassemble chaque semaine les meilleures équipes mondiales.Malheureusement, la première session tombe en même temps que l'i32, LAN ultra-importante en Angleterre. En tant qu'équipe, Dignitas doit jongler avec les engagements. Nous ferons tout notre possible pour participer à la prochaine InCup.

Les I-Series attirent notre équipe comme un aimant.Nous sommes prêts à tout laisser derrière nous pour participer à la finale de Newbury.Hors compétition, l'atmosphère de cet événement est unique en Europe, un peu comme un festival qui dure tout un week-end.

Le nombre de tournois organisés à Newbury attire évidemment une équipe comme la nôtre. En ce qui me concerne, le prix de 2 500 £ financé par PC World pour World in Conflict est très respectable !Je prépare donc mon kit de survie spécial Newbury :une tente, un sac de couchage et, plus important, un sac rempli de boules Quiès !

Moyes

“Nous sommes prêts à tout laisser derrière nous pour participer à la finale…”


10 OCTOBRE 1007 Victoires au championnat de Seattle

L’édition 2007 du championnat du monde de jeux vidéo (WCG) de Seattle s’est refermée et le Royaume-Uni y a remporté sa toute première médaille d’or. Au travers d’une performance qui restera dans les annales, Apollo (Shaun Clark) de Team Dignitas nous a offert un week-end de gloire sur Command and Conquer 3 tandis que Zaccubus, qui fait lui aussi partie de notre clan, décrochait l’argent sur Tony Hawks Project 8 et que la team Gears of War obtenait le bronze. Voilà une jolie récolte de médailles qui nous met le pied à l’étrier pour les WGC 2008 de Cologne en Allemagne.

Comme je m’y attendais, ma participation personnelle fut brève : après avoir laminé le Bulgare de mon groupe Need for Speed Carbon, j’ai néanmoins été battu par les joueurs de l’Inde et de la Lettonie (deux pays champions des e-sports, comme chacun le sait !) Hasard de la programmation, je me suis ainsi retrouvé sur le banc de touche avant même la cérémonie d’ouverture !

Dans ce cas, que fait un gamer passionné quand la compétition pour laquelle il s’est déplacé est terminée pour lui ? Il en trouve une autre, bien sûr ! C’est comme cela que je suis tombé sur le mini-championnat de jeux sur téléphones mobiles qui se disputait dans les parages, sur Rayman Kart (un Mario Kart avec des bonus aléatoires), avec un total de 6 000 dollars à la clé pour les trois meilleurs. Cependant, malgré un entraînement intensif, les dieux des courses ont refusé de me sourire (j’ai fini dans les huit premiers).

Au bilan, une édition 2007 des WCG frustrante au plan personnel, mais globalement un franc succès pour cette manifestation. Je suis vraiment très content d’avoir été là pour soutenir mes coéquipiers et pour rien au monde je n’aurais voulu manquer leurs exploits. De plus, aux WCG, les concurrents sont traités comme des rois : repas, transport et hébergement, toute l’organisation est vraiment impressionnante. La qualité de la prise en charge des joueurs éclipse toutes les autres manifestations d’e-sports.

Pour conclure, je voudrais attribuer une mention spéciale au capitaine de l’équipe britannique, Wizzo, de son vrai nom Craig Fletcher. Il a réellement su entretenir l’esprit d’équipe, grâce à sa personnalité inimitable et en nous réunissant régulièrement tous pour manger et prendre un pot, et se faire bien voir en réglant la note à chaque fois.

Moyes

J’ai été battu par des joueurs de deux pays champions des e-sports !


3 OCTOBRE 2007 Rendez-vous avec la Space Needle

Le moment est venu de retourner aux Etats-Unis. Dans quelques heures à peine, Zaccubus, Apollo et moi-même, nous nous envolerons pour Seattle et les World Cyber Games (WCG). Cette compétition compte parmi les plus importantes et les plus prestigieuses des e-sports. Elle représente toujours l’un des temps forts de l’année vidéoludique et c’est génial que Team Dignitas puisse y envoyer trois joueurs. Je me suis efforcé d’atteindre la grande finale pratiquement à chaque fois depuis l’année 2000 et c’est la troisième fois que j’y parviens.

En revanche, chaque année, je suis totalement concentré sur ma préparation, mais, cette fois-ci, je me suis tellement impliqué dans World in Conflict que je me suis très peu entraîné sérieusement pour les épreuves Need for Speed des WCG (cf. « Savoir faire des choix »). Etant donné les circonstances, je ne m’attends donc pas à dépasser les parties de groupes, mais j’espère quand même avoir une petite chance de battre mon adversaire bulgare et d’éviter l’élimination dès mon premier match.

Je vais aussi revoir les Italiens Hauntspy et Beta du clan Inferno E-sports, que j’avais affrontés au WiC CPL World Tour et qui se sont tous deux qualifiés sur Command and Conquer 3. Ils ne devraient pas être bien difficiles à trouver : il me suffira de chercher des filles en trains de succomber au charme italien…

Mon seul regret, ce week-end, est que je vais rater le championnat eXperience WiC en Norvège. S’il avait eu lieu n’importe quel autre week-end, j’y serai allé. Heureusement, Team Dignitas y sera représentée et c’est à Pureball et No0bster qu’il incombera d’en ramener des médailles.

Moyes

« J’espère quand même avoir une petite chance de battre mon adversaire bulgare et d’éviter l’élimination dès mon premier match. »


27 SEPTEMBRE 2007 Il est sorti !

Aujourd’hui, j’ai reçu un paquet et devinez ce qu’il contenait ? World in Conflict ! Il y a quelque chose de surréaliste à recevoir seulement maintenant le jeu complet alors qu’en compétition, Team Dignitas a déjà tant obtenu et vécu grâce à lui.

Cela dit, avec toute une série de nouvelles maps pour jouer en ligne, il n’y a vraiment pas de quoi être blasé. Ce qui va aussi être intéressant, c’est de voir lesquelles seront les plus adaptées à des tournois. Celles qui ont servi jusqu’ici pour la compétition ont systématiquement donné un léger avantage à l’une des deux équipes. Il est évident que cette situation avantage la formation qui, la première, choisit quel camp elle joue, à condition cependant qu’elle ait compris à quel camp la carte en question accordait un atout tactique.

Evidemment, ce déséquilibre existe plus ou moins dans tous les jeux, mais, la plupart du temps, cela n’a guère d’incidence pour un joueur de base. En compétition, en revanche, une équipe doit connaître le moindre atout qu’elle peut exploiter ou qui peut être utilisé contre elle. Si le jardin d’Eden était une map multijoueur, je suis certain qu’un gamer pro y trouverait quand même à redire…

Je suis cependant persuadé que Massive Entertainment tient à satisfaire la communauté des gamers de compétition et que ses développeurs auront à cœur de résoudre le problème. D’ailleurs, on entend déjà parler d’une mise à jour imminente. Il faudra cependant du temps pour repérer tous les problèmes et effectuer les modifications qui s’imposent pour les régler. Vous n’avez qu’à demander à l’équipe StarCraft de Blizzard combien de temps on peut passer à peaufiner un titre très utilisé en compétition…

Je laisse néanmoins cette tâche à d’autres, préférant pour ma part préconiser la mise en place d’un système de score du type Counter-Strike pour les matches de championnat ou, du moins, la fixation d’une limite à la série des maps validées. Dans le cadre d’une comptabilisation des points à la Counter-Strike, les deux équipes jouent en effet chacune à leur tour les deux camps et ce sont les performances globales qui décident du vainqueur. En cas d’ex-æquo, c’est le chronomètre qui sert à départager. Au résultat, les victoires sont sans appel, est c’est ce que tout le monde souhaite.

Moi qui ai déjà subi une défaite suite à un tirage au sort désavantageux dans le cadre du Cyberathlete Professional League (CPL) World Tour, je suis persuadé que la victoire, en compétition, ne devrait pas se jouer à pile ou face.

Moyes

« Si le jardin d’Eden était une map multijoueur, je suis certain qu’un gamer pro y trouverait quand même à redire… »


20 SEPTEMBRE 2007 Toutes proportions gardées

Le budget du gaming professionnel ne représente qu’une infime partie des milliards d’euros que totalise l’industrie du jeu vidéo. Néanmoins, lorsque les e-sports se seront gagné un public de téléspectateurs digne de ce nom, le phénomène devrait prendre son essor pour finalement faire partie intégrante de l’univers des jeux. Or cet instant-charnière est peut-être arrivé, avec l’avènement des Championship Gaming Series (CGS).

C’est d’autant plus vrai que les objectifs qui sous-tendent ces ligues internationales d’e-sports s’appuient sur des investissement massifs, mais seul le temps nous dira si elles seront un feu de paille ou un moteur durable. Le vrai risque, c’est que des manifestations d’e-sports tapageuses n’attirent des joueurs aux ambitions limitées au court terme alors qu’ils ne devraient surtout pas négliger leurs intérêts à long terme. S’il est vrai que s’imposer comme un champion d’e-sports mondialement connu représente une indiscutable réussite, en revanche, comme dans la majorité des sports, lorsque l’état de grâce est passé, cette réussite s’estompe rapidement. Sachant ainsi que rares sont les joueurs à poursuivre sérieusement la compétition au-delà de 25 ans, il est donc impératif des profiter des occasions qui se présentent avant cet âge fatidique.

Nouer des contacts avec des joueurs, des organisateurs et des sponsors lors des manifestations n’est pas seulement intéressant dans l’immédiat, mais peut aussi ouvrir des perspectives à plus long terme. Il en va de même pour l’auto-promotion par le biais d’articles, d’interviews dans les médias (surtout la télévision) ou bien une position d’encadrement au sein d’un clan. De telles initiatives témoignent de compétences non seulement intéressantes dans le cadre des e-sports, mais aussi pour des employeurs dans ses secteurs sans rapport avec les jeux vidéo.

C’est donc pour suivre mes propres conseils que me suis rendu à Paris la semaine dernière, afin de représenter Team Dignitas à une discussion avec les développeurs de la société française F4 sur son prochain MMORPG, <italic/>Empire of Sports.</italic/> Il s’agissait d’un voyage tous frais payés par l’éditeur, avec en plus une place au stade de France pour le match de la coupe du monde de rugby Angleterre-Afrique du Sud passons sur le résultat…) Durant ce voyage, j’ai établi plusieurs contacts intéressants et j’ai passé des moments formidables, dont le clou est certainement une discussion avec Martin Johnson (capitaine de l’équipe anglaise de rugby pour la coupe du monde 2003) à l’aéroport de Roissy, sur le chemin du retour. Génial !

Moyes

« Les gamers ne devraient surtout pas négliger leurs intérêts à plus long terme »


14 SEPTEMBRE 2007 Savoir faire des choix

Dans quelques semaines, je participerai au championnat Need For Speed Carbon dans le cadre des World Cyber Games (WCG) de Seattle. Pourtant, bien que cette date fatidique approche à grands, je ne me suis encore que très peu entraîné à ce jeu. Pourquoi ? Parce que je suis complètement concentré sur World in Conflict.

Je sais bien que les WCG sont un événement majeur et c’est de la démence que de ne pas m’y consacrer totalement. En plus, voyager avec une équipe nationale, c’est vraiment génial, et je sais de quoi je parle puisque j’ai déjà participé à deux éditions de cette manifestation (en Corée du Sud en 2000 et à Singapour en 2005). Dans ce cas, comment se fait-il que je ne sois pas en train de m’entraîner comme un fou ? La réponse est simple : l’expérience.

Les e-sports sont à la fois un univers impitoyable et un miroir aux alouettes. L’annulation, tout récemment, des championnats du monde de jeux vidéo, les World Series of Video Games (WSVG), illustre parfaitement la versatilité et la précarité qui y règnent. Combien de fois une manifestation s’est-elle autoproclamée « nouvelle référence des e-sports » pour finalement disparaître plus ou moins rapidement ? La leçon à en tirer est qu’un gamer professionnel doit soigneusement gérer son temps et apprendre à faire des choix.

C’est à tout le gaming professionnel que la disparition des WSVG porte préjudice, mais surtout aux joueurs qui ont consacré des mois et parfois des années à s’entraîner sans relâche. Or ce manque de sécurité à long terme qu’ils subissent est au détriment d’un sport qui essaye pourtant désespérément d’être reconnu en tant que tel.

Dans ces conditions, un gamer professionnel doit être intraitable. Je suis allé aux épreuves britanniques de qualifications pour les WCG en sachant que j’avais de bonnes chances de remporter la victoire sur NFS (et un prix de 1 500 £). En revanche les adversaires que j’affronterai à Seattle seront d’une toute autre trempe. Totalement concentré comme je le suis sur World in Conflict, je n’ai donc tout simplement pas le temps de m’améliorer à NFS à un niveau de compétition internationale et c’est pour cela que je ne m’y consacrerai qu’un minimum ces prochaines semaines.

Je ne dis pas cela pour dénigrer les e-sports. Si je participe à des championnats, c’est parce que j’aime ça. En revanche, c’est un monde où il faut être sans états d’âme et s’empresser de saisir chaque opportunité. Je n’ai qu’un seul objectif et j’entends bien ne pas en dévier.

Moyes

« C’est un monde où il faut être sans états d’âme »


6 SEPTEMBRE 2007 Bilan d’après-matches

Installé dans le hall du Hilton, à passer le temps avant de reprendre l’avion pour l’Angleterre, je me sens tiraillé entre satisfaction et déception. Nous avons certes obtenu une honorable seconde place à la troisième étape du championnat du monde sur World in Conflict (et remporté 6 000 dollars de prix), mais nous avions cru dur comme fer qu’une nouvelle victoire nous était acquise. Or nous ne l’avons pas obtenue et la déception de l’équipe est quasiment palpable.

Nos adversaires de la grande finale, les Frag Dominant, ont cependant bien mérité leur victoire. C’est en effet une équipe très sportive qui a su maîtriser le combat sur le champ de bataille WiC tout au long du match. A notre décharge, je voudrais quand même dire que certaines maps semblent être systématiquement favorables à l’équipe qui démarre la partie et je suis quasiment persuadé que le fait d’avoir perdu les deux tirages au sort pour justement déterminer qui entamait la partie pour cette finale n’est pas étranger à notre défaite par 2 à 1.

Quoi qu’il en soit, ce score montre que le peloton de nos adversaires nous talonnent plus que jamais. Ainsi, la supériorité de Team Dignitas n’est à présent plus telle que nous puissions imaginer gagner à tous les coups. Entre-temps, la version commerciale du jeu est sortie et on va la trouver dans les magasins et rayons de jeux vidéo du monde entier et, avec une série de maps plus nombreuses, la compétition en championnat ne pourra qu’y gagner.

Jusqu’à ce que toutes les maps aient été testées en conditions de championnat, je commence à me dire qu’il pourrait être intéressant d’établir le score comme dans Counter-Strike : chaque équipe jouerait les deux camps, la victoire se décidant par le pourcentage de domination par rapport au temps.

Mais assez de si, de mais et de peut-être… Ça a été un plaisir et un honneur que de traverser l’Atlantique pour ces championnats de Dallas. Quel chance d’avoir pu nous mesurer à des équipes comme FragD, 20ID, Check Six et Cyber Sniper ainsi que d’avoir des nouvelles de nos potes du clan italien Inferno E-Sports (qui l’est l’une des équipes les plus sympas du milieu, mais aussi l’une de celles dont l’enthousiasme est le plus bruyant) !

C’était vraiment sympa de partager un petit bout de Texas avec eux, mais nous sommes quand même des joueurs professionnels. Nous ne nous avouerons satisfaits que lorsque nous aurons oublié cette défaite grâce à une nouvelle victoire CPL. Nous sommes d’ailleurs déjà en pourparlers avec nos sponsors pour avoir l’occasion de le faire au championnat CPL d’Australie le 12 octobre.

Moyes

« Je suis tiraillé entre satisfaction et déception »


29 AOÛT 2007 Newcastle-Texas indirect

Cette semaine, l’équipe World in Conflict de Team Dignitas prend l’avion pour les Etats-Unis et la troisième étape du CPL World Tour, qui se déroule à Dallas. Si un déplacement à l’étranger pour une compétition est toujours un événement, le fait que celui-ci se déroule en dehors de l’Europe nous fait pourtant toujours battre le cœur un peu plus vite.

Pour Dallas, nous ne manquons pas d’ambition puisque notre objectif est de réitérer nos succès d’Italie et de Suède. Sans ces premières réussites, je ne crois d’ailleurs pas que nous partirions, Pourtant, sans ces premières réussites, je ne crois pas que nous partirions, mais nos préparatifs nous remplissent d’un enthousiasme tangible qui alimente notre esprit de compétition.

En l’occurrence, quel que soit le parcours antérieur d’une équipe, la décision de l’envoyer sur un autre continent n’est jamais prise à la légère. Il faut toute une série de mèls, d’analyses et de coups de téléphone ainsi qu’une bonne dose de chance pour que cela arrive. L’exercice consiste en l’occurrence en partie à rentabiliser le plus possible le voyage.

Pour Team Dignitas, la priorité est de toujours faire participer nos équipiers à un maximum d’épreuves et on y arrive en évitant les dépenses inutiles. C’est pour cette raison que deux de nos joueurs (Dogbert et Pureball) se dévouent pour effectuer le trajet Newcastle-Londres par autocar de nuit et ce n’est que de là qu’ils prendront un train pour l’aéroport de Gatwick.

Pour ceux d’entre vous qui connaissent mal la Grande-Bretagne (et le football, sinon ils connaîtraient Newcastle), permettez que je replace les choses dans leur contexte) : ce périple représente huit à neuf heures de voyage avant même d’embarquer dans l’avion pour Dallas, le vol en lui-même devant durer dix heures (si tout se passe bien).

Par ailleurs, si tous les membres du clan ont déjà accumulé une quantité respectable de miles, aucun de nous ne se sent à l’aise en avion. Alors, nous conjurons le sort et notre frousse à coup de remarques empreintes d’humour noir sur la catastrophe aérienne qui nous attend immanquablement. Ah, combien de fois peut-on impunément défier les lois de la gravité ? Vous avez entendu quel oiseau de mauvais augure je fais ? Eh bien, sachez que je ne suis même pas le plus catastrophiste du groupe !

Revenez quand même ici la semaine prochaine pour savoir si nous avons été plus forts que le destin et si nous avons remporté une nouvelle victoire au championnat CPL…

Dignitas / Moyes

Moyes

« Pour Dallas, nous ne manquons pas d’ambition puisque notre objectif est de réitérer nos succès d’Italie et de Suède. »


22 AOÛT 2007 Dur, dur d’être un gamer

Quand j’ai participé à mon premier grand championnat de jeux vidéo en 2000, à savoir la première édition des World Cyber Games, j’étais loin d’imaginer que je prendrais un jour l’avion comme d’autres le bus, pour tenter de remporter des sommes d’argent tout à fait conséquentes. C’est ainsi qu’après ma qualification nationale au Millenium Dome sur Age of Empires, je me suis retrouvé sur le chemin de la Corée du Sud pour y représenter le Royaume-Uni, sans savoir que ce n’était là que le premier de nombreux voyages de ce genre : depuis, je me suis rendu à des manifestations d’e-sports en France, en Allemagne, en Amérique, à Singapour et en Italie.

Aujourd’hui, j’ai pris mon parti des contraintes du gaming professionnel. Le voyage en Corée du Sud en 2000 tombait en effet en même temps que la rentrée universitaire et, depuis, j’ai toujours dû m’efforcer de concilier mon ambition de concourir au plus haut niveau, d’une part, et, d’autre part, mes études et, depuis 2004, mon travail. L’équilibre n’est pas évident à trouver. Cela demande de la discipline et des sacrifices, mais être un e-sportif de niveau mondial en vaut largement la peine.

Aujourd’hui, j’ai derrière moi sept ans d’émotions vidéoludiques intenses et je remercie Intel de me donner ici l’occasion de faire part de mon expérience et de faire découvrir un clan qui est au cœur d’une nouvelle communauté d’e-sports. Je me réjouis, au cours des semaines et des mois qui viennent de lire vos réactions à mes billets d’humeur et je répondrai à toutes les questions que vous m’adresserez pas mail.

A la semaine prochaine !

Dignitas / Moyes

Moyes

« L’équilibre entre compétition et vie privée n’est pas facile à trouver »




Page 1